Un juge californien a bloqué temporairement le Pentagone dans sa tentative de désigner Anthropic comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement. Cette affaire met en lumière les tensions entre gouvernement et entreprises technologiques en matière d’IA.
Le 27 février, le président Trump a critiqué Anthropic sur Truth Social, qualifiant ses employés de “fous de gauche” et ordonnant à toutes les agences fédérales de cesser d’utiliser son intelligence artificielle. Cette déclaration a été suivie par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui a annoncé son intention de désigner Anthropic comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement. Cependant, un juge californien, Rita Lin, a temporairement suspendu cette décision, soulignant que le gouvernement n’avait pas suivi les procédures adéquates pour traiter de tels différends. Les tensions entre le gouvernement et Anthropic ont émergé alors que la société, qui s’est positionnée comme un acteur de l’IA axé sur la sécurité, avait déjà fourni son service Claude au Pentagone sans problème pendant une partie de 2025. Ce n’est qu’au moment où le gouvernement a cherché à établir un contrat direct avec Anthropic que les désaccords ont commencé à surgir. La juge Lin a noté que les actions du gouvernement ont plus ressemblé à une punition qu’à une simple rupture de contrat, avec une stratégie de communication qui a semblé précéder les démarches juridiques. Les avocats du gouvernement ont par la suite admis n’avoir aucune preuve pour soutenir leurs allégations selon lesquelles Anthropic avait la capacité d’implémenter un “kill switch”. Le juge Lin a également constaté que les lettres envoyées aux comités du Congrès affirmaient que des mesures moins drastiques avaient été évaluées mais sans détails supplémentaires. En fin de compte, cette affaire met en lumière les enjeux liés au contrôle et à la régulation des entreprises d’IA, tout en révélant une dynamique où la communication publique précède les décisions juridiques.