Les récents modèles d’IA chinois, comme Kimi, perturbent l’écosystème technologique américain. Les conseillers de Trump se divisent sur la réponse à apporter face à cette concurrence gratuite.
Ce week-end, des conseillers actuels et anciens de Donald Trump sur l’IA se sont affrontés publiquement, critiquant les entreprises d’IA américaines. David Sacks, ancien “czar” de l’IA et de la crypto, a qualifié les modèles d’Anthropic de “lobotomisés” et “woke”, tandis qu’Emil Michael, un haut responsable du Pentagone, a traité le nouveau responsable des futurs stratégiques d’OpenAI de “suprême idiot du village”. Cette guerre des mots a été déclenchée par le lancement du modèle Kimi par la société chinoise Moonshot, qui semble rivaliser avec les modèles d’OpenAI et d’Anthropic tout en étant gratuit. Kimi et d’autres modèles chinois similaires posent un véritable défi pour Trump, divisant ses conseillers en factions. À chaque nouvelle sortie d’un modèle intelligent et gratuit comme Kimi, les entreprises américaines voient moins d’intérêt à payer pour accéder aux modèles d’Anthropic ou d’OpenAI. L’engouement pour ces entreprises d’IA contribue à une part disproportionnée de la croissance économique, mais les modèles chinois créent des problèmes économiques et politiques pour l’administration. Anton Leicht, chercheur à la Carnegie Endowment, a noté sur X que ces modèles représentent une menace pour une administration qui ne veut pas de mauvaises nouvelles économiques. De plus, ces modèles ont déjà eu un impact sur les actions américaines. Cette situation survient alors que New York a récemment imposé la première interdiction d’État sur de nouveaux centres de données, révélant une méfiance croissante envers les entreprises d’IA. Une partie non négligeable des Américains pourrait ne pas éprouver de sympathie pour OpenAI ou Anthropic face à des concurrents moins chers, arguant que ce n’est pas le rôle du gouvernement de protéger leurs intérêts. David Sacks a également critiqué les grandes entreprises d’IA qui souhaitent que le gouvernement élimine leur concurrence open source. Cependant, Sacks n’a plus de rôle formel dans l’administration, qui semble désormais privilégier une intervention gouvernementale plus importante. Cette nouvelle approche s’explique par le fait que les modèles d’IA sont devenus suffisamment puissants pour poser des menaces à la sécurité nationale, justifiant ainsi un contrôle sur leur utilisation. Cette position a alimenté un nouveau processus d’examen à la Maison Blanche visant à évaluer la sécurité des modèles d’IA avant leur publication. Dean Ball, un ancien conseiller de Trump travaillant maintenant pour OpenAI, a critiqué ce processus, le qualifiant de “régime de licence de facto pour l’IA de pointe”. Il a prédit que Trump pourrait résoudre son problème de concurrence open source chinoise par des mesures gouvernementales.