Les enfants nés après 2013 grandissent dans un environnement numérique qui ne leur est pas adapté. Il est temps de repenser la conception des systèmes digitaux pour protéger cette jeune génération.
Les enfants nés après 2013 représentent la première génération à évoluer dans un monde entièrement numérique. Selon l’UNICEF, un tiers des utilisateurs d’Internet dans le monde ont moins de 18 ans, mais les systèmes qui façonnent leur quotidien ont été conçus pour des adultes, souvent sans tenir compte de leur impact sur les jeunes. Les ingénieurs et professionnels des technologies doivent considérer la sécurité en ligne non pas comme un débat théorique, mais comme un défi de conception exigeant rigueur et éthique. Les gouvernements du monde entier commencent à reconnaître ce problème, avec des décideurs en Australie, au Brésil, dans l’Union européenne, en Indonésie et aux États-Unis prenant des mesures face à des risques bien identifiés par les ingénieurs, tels que les fonctionnalités addictives et le contenu inapproprié. Pendant des années, la technologie a progressé plus vite que la législation, mais celle-ci tente désormais de rattraper son retard. En 2023, lors d’une rencontre à Athènes avec des responsables grecs, il a été souligné que la Grèce avance rapidement vers une transformation numérique responsable. Les discussions ont renforcé le rôle de l’IEEE comme collaborateur neutre, axé sur les ambitions de modernisation numérique de la Grèce. D’autres pays, comme l’Indonésie et le Brésil, adoptent également des régulations de conception adaptées à l’âge. En Australie, des restrictions d’âge sont mises en place pour limiter l’accès à des contenus nuisibles, tandis que plusieurs États américains, dont la Californie et New York, établissent des principes de conception adaptés aux jeunes. À travers ces initiatives, il devient clair que protéger les enfants en ligne ne se limite pas à filtrer du contenu ou à ajouter des contrôles parentaux. Cela nécessite une réévaluation de l’architecture des systèmes numériques, en tenant compte de la collecte des données, des décisions algorithmiques, de l’influence des interfaces et des interactions de l’IA avec les jeunes esprits. Les choix de conception ne sont jamais neutres; ils intègrent des valeurs et des incitations qui peuvent avoir des impacts significatifs sur le bien-être numérique des enfants.