Face à la pénurie d’organes donnés, des chercheurs innovent pour les conserver plus longtemps. Une avancée majeure pourrait transformer le domaine des greffes.
Cette semaine, un article de MIT Tech Review met en lumière des efforts fascinants pour préserver les organes en dehors du corps humain. La pénurie d’organes donneurs est un problème majeur, car ces organes ne survivent que quelques heures hors du corps, même s’ils sont conservés au frais. Les médecins rêvent de banques d’organes, où des organes humains pourraient être préservés pendant des jours, des semaines, voire des mois. Cela permettrait de réaliser des tests sur les organes, de trouver les meilleures correspondances et de les transporter efficacement vers les receveurs.
Des chercheurs ont récemment réussi à super refroidir les reins de porcs, dont les organes sont de taille similaire à ceux des humains, permettant leur conservation pendant plusieurs jours à -4 °C. Ces reins ont été réimplantés avec succès dans d’autres porcs, représentant une avancée significative dans ce domaine. Le processus de congélation des organes est extrêmement difficile, car la formation de cristaux de glace endommage irréversiblement les tissus. Cependant, la cryopréservation, qui consiste à refroidir rapidement les cellules à des températures très basses, est déjà couramment utilisée pour les ovules, le sperme et les embryons, qui peuvent être conservés à -196 °C en moins de deux secondes.
Malgré cela, aucune équipe n’a encore réussi à cryopréserver et décongeler des organes humains pour la transplantation. Toutefois, de nombreuses personnes ont choisi de conserver leurs corps à des températures ultra-basses dans l’espoir de pouvoir un jour les réanimer. Par exemple, Stephen L. Coles, un gérontologue, a choisi de cryopréserver son cerveau après son décès en 2014. Son cerveau a été perfusé avec des produits chimiques cryoprotecteurs et refroidi à -146 °C, montrant des signes de réactivité après décongélation, mais cela ne signifie pas que les cellules sont vivantes.
Matthew Powell Palm, un chercheur de Texas A&M impliqué dans la préservation des organes, indique que les reins de porc super refroidis ont montré de meilleures performances que ceux conservés sur glace, sans nécessiter de cryoprotecteurs. D’autres équipes explorent des cocktails chimiques potentiels pour conserver les organes à des températures plus basses et plus longtemps. De plus, l’utilisation de machines qui perfusent les organes avec des nutriments pourrait prolonger leur durée de vie. Ces avancées pourraient révolutionner le domaine des greffes et offrir des perspectives d’espoir pour des milliers de patients en attente d’un organe.
L’article évoque également que ces recherches sont en plein essor, avec plusieurs équipes travaillant sur des solutions innovantes pour surmonter les défis de la conservation des organes. Le chemin est encore long, mais les progrès réalisés offrent une lueur d’espoir dans la lutte contre la pénurie d’organes.