Lors de la keynote de Google I/O, Demis Hassabis a évoqué un futur où l’IA pourrait dépasser l’intelligence humaine. Il a mis en lumière l’importance des outils d’IA dans la prédiction scientifique, comme WeatherNext, tout en soulignant un débat sur l’avenir des systèmes d’IA autonomes.
Lors de la keynote de Google I/O, Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind, a fait une déclaration audacieuse, affirmant que nous sommes actuellement “dans les contreforts de la singularité”. Cette singularité est le moment théorique où l’intelligence artificielle (IA) dépasserait rapidement l’intelligence humaine, transformant profondément notre monde. Cependant, son intervention a été contextualisée par la présentation de WeatherNext, un logiciel de prédiction météorologique qui a permis d’alerter sur l’ouragan Melissa, potentiellement sauvant des vies en Jamaïque l’année dernière. Bien que cet outil représente une avancée significative, il ne constitue pas une preuve d’une singularité imminente.
Hassabis a mis en exergue une tension entre deux approches de l’IA dans le domaine scientifique. La première repose sur des outils d’IA, comme WeatherNext, conçus pour résoudre des problèmes scientifiques spécifiques. La seconde, plus ambitieuse, concerne des systèmes basés sur des modèles de langage (LLM) capables de réaliser des projets de recherche avancée sans intervention humaine. Cette vision agentique suscite un grand enthousiasme, notamment autour de concepts tels que l’amélioration récursive, où les systèmes d’IA pourraient devenir les principaux moteurs de l’avancement de l’IA, un processus qui s’accélérerait à mesure que ces systèmes deviennent plus intelligents.
Des systèmes agentiques commencent déjà à contribuer à la recherche, parfois avec une guidance humaine limitée. Cette semaine, Pushmeet Kohli, scientifique en chef de Google Cloud, a écrit dans un numéro spécial de la revue Daedalus que nous avançons vers une IA qui ne se contente pas de faciliter la science, mais qui commence à faire de la science. La perspective d’avoir des scientifiques IA autonomes soulève des questions sur la nécessité de développer des outils spécialisés comme AlphaFold, qui a remporté un Prix Nobel, ou des systèmes comme WeatherNext.
Néanmoins, Google continue de développer des outils IA spécialisés comme AlphaGenome et AlphaEarth, lancés l’été dernier, qui sont respectivement dédiés à la génétique et aux sciences de la Terre. Ces outils restent populaires : AlphaFold, par exemple, a été utilisé par plus de trois millions de chercheurs dans le monde l’année dernière. Isomorphic Labs, une filiale de Google, se concentre sur l’utilisation d’AlphaFold pour le développement de nouveaux médicaments. Cette dualité entre spécialisation et autonomie pourrait redéfinir le paysage scientifique, où humains et IA collaboreraient comme des pairs.