Des travailleurs indépendants, comme Zeus, enregistrent des vidéos pour entraîner des robots humanoïdes. Ces nouvelles méthodes soulèvent des questions sur la vie privée et le consentement.
Zeus, un étudiant en médecine basé au Nigeria, se transforme en enregistreur de données pour Micro1, une entreprise américaine de Palo Alto. Dans un contexte où des sociétés comme Tesla, Figure AI et Agility Robotics développent des robots humanoïdes, les vidéos réalisées par des travailleurs comme Zeus deviennent essentielles pour former ces machines à interagir dans des environnements humains. Micro1 a recruté des milliers de travailleurs contractuels dans plus de 50 pays, dont l’Inde, le Nigeria et l’Argentine, où de nombreux jeunes technophiles cherchent des emplois. Ces travailleurs fixent des iPhones sur leur tête pour filmer des tâches quotidiennes telles que plier du linge ou laver la vaisselle. Bien que le salaire de 15 dollars de l’heure soit attractif par rapport aux normes locales, les implications en matière de vie privée et de consentement éclairé soulèvent des questions préoccupantes. Zeus, qui a découvert ce travail via LinkedIn et YouTube, espérait avoir un impact sur l’avenir des robots. Cependant, en tant qu’étudiant ambitieux, il trouve le travail monotone et peu stimulant. Les robots humanoïdes, réputés difficiles à concevoir, nécessitent des compétences complexes pour manipuler des objets. L’émergence de modèles de langage, comme ceux sous-jacents à ChatGPT, a inspiré un changement de paradigme dans la robotique. Les chercheurs estiment que les robots peuvent apprendre à interagir avec le monde grâce à des données de mouvement massives. Malgré cela, la collecte de données réelles reste un défi, car les simulations virtuelles ne parviennent pas à modéliser la physique avec une précision suffisante. La méthode de formation utilisée par Micro1 pourrait donc représenter une avancée significative dans le développement de robots capables de réaliser des tâches complexes.