L’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo connaît une progression alarmante. Malgré les efforts des équipes de réponse rapide, la situation se détériore rapidement.
Le 5 mai, une alerte a été lancée suite à la mort de quatre travailleurs de la santé en province d’Ituri, en République Démocratique du Congo, d’une maladie inconnue. Des tests effectués à Kinshasa ont révélé que le responsable était le virus Bundibugyo, un virus lié à l’Ebola. En date du 24 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que 223 personnes avaient succombé à la maladie, avec plus de 900 cas suspects, un chiffre qui pourrait être bien plus élevé aujourd’hui. Contrairement à l’épidémie de hantavirus sur un navire de croisière, qui a été maîtrisée avec trois décès, la situation autour de l’Ebola est bien plus critique en raison de la nature même de la maladie, qui a un taux de mortalité moyen de 50%. Les précédentes épidémies d’Ebola ont causé des milliers de décès, notamment celle de 2014 à 2016 en Afrique de l’Ouest, qui a fait plus de 11 000 morts. Bien qu’il existe des vaccins pour le virus Zaire, aucun n’est disponible pour le virus Bundibugyo, et l’impact des vaccins existants sur ce virus est incertain, certains craignant qu’ils n’aggravent la réponse immunitaire des personnes infectées. Les scientifiques travaillent sur des vaccins potentiels, mais les essais cliniques ne débuteront pas avant plusieurs mois. En l’absence de traitements antiviraux spécifiques, les travailleurs de la santé s’efforcent de stopper la propagation du virus, qui se transmet par contact avec des fluides corporels. Les expositions se produisent souvent entre membres de la famille, travailleurs de la santé, et lors des enterrements. L’OMS recommande d’isoler les personnes infectées dans des centres de traitement et d’appliquer des mesures funéraires sécurisées pour réduire les contacts physiques. Informer la communauté sur la maladie et ses modes de transmission est crucial, mais cela s’avère difficile dans un contexte de désinformation, où certains doutent même de la réalité de l’épidémie. Récemment, les infrastructures de santé ont été attaquées, avec la destruction de deux centres de traitement par les proches d’un homme décédé, illustrant ainsi l’importance de la sensibilisation et de l’éducation dans la lutte contre cette épidémie.