L’encyclique Magnifica Humanitas du Pape Léon XIV souligne que “la technologie n’est jamais neutre”. Elle appelle à une action collective pour naviguer dans l’ère de l’intelligence artificielle avec responsabilité et humanité.
Dans son encyclique Magnifica Humanitas, le Pape Léon XIV aborde un sujet crucial : l’intelligence artificielle (IA). Il affirme que “la technologie n’est jamais neutre”, soulignant ainsi la nécessité pour les individus et les décideurs de considérer l’impact social et éthique de ces avancées technologiques. Le Pape établit un parallèle avec l’histoire biblique de la Tour de Babel, où l’ambition humaine de construire une structure atteignant le ciel a mené à la confusion et à la désunion. À l’inverse, il évoque le livre de Néhémie, qui décrit la reconstruction de Jérusalem après une période de violence, illustrant la résilience collective de l’humanité. Cette comparaison nous pousse à réfléchir sur la voie que nous empruntons aujourd’hui face à l’IA, qui pourrait soit nous conduire à une fragmentation, soit favoriser une solidarité renouvelée.
Le Pape fait également remarquer que l’IA n’est pas une force de la nature, mais un produit commercial façonné dans un contexte où le pouvoir économique est concentré entre les mains de quelques-uns. Ce message résonne particulièrement avec le mouvement pour l’investissement socialement responsable, qui cherche à promouvoir des pratiques commerciales éthiques. Selon l’encyclique, lorsque les gouvernements échouent à réguler l’IA de manière significative et que les entreprises ne peuvent être entièrement fiables, la société civile a le pouvoir et le devoir de tracer une voie éthique.
À l’échelle mondiale, les systèmes d’IA sont déployés sans une surveillance institutionnelle adéquate. Par exemple, la Commission fédérale du commerce des États-Unis a une compétence limitée sur la conception algorithmique, tandis que l’Institut national des normes et de la technologie fournit des directives souvent ignorées par les entreprises. Cette situation soulève des questions essentielles sur la sécurité de l’IA et l’absence d’un organe de régulation dédié. Le Pape appelle donc à une responsabilité partagée, impliquant non seulement les dirigeants, mais aussi les individus, pour s’assurer que l’IA serve le bien commun plutôt que des intérêts particuliers. Ainsi, l’encyclique Magnifica Humanitas ouvre un débat essentiel sur l’avenir de l’IA et la nécessité d’une approche collaborative et éthique dans son développement et son utilisation.