La cryonie suscite l’intérêt de ceux qui espèrent échapper à la mort. Des scientifiques et des passionnés réfléchissent à son potentiel, malgré des chances de succès très minces.
Cette semaine, un article de MIT Tech Review a exploré la cryonie à travers le cas de L. Stephen Coles, un gérontologue décédé en 2014, qui a choisi de faire préserver son cerveau dans une installation de cryonie en Arizona, à -146 °C. Coles, qui a consacré sa carrière à l’étude de la longévité humaine, a demandé à son ami Greg Fahy, un cryobiologiste réputé, d’examiner son cerveau pour évaluer son état de conservation. Fahy a constaté que le cerveau était “étonnamment bien préservé”, mais cela ne signifie pas que Coles pourra être réanimé. Les personnes qui choisissent la cryonie, comme Coles et James Hiram Bedford, le premier à être cryonisé en 1967, sont conscientes des très faibles chances de revenir à la vie. Ces choix sont souvent motivés par l’espoir que la médecine avancera suffisamment pour traiter des maladies incurables comme le cancer. Les taux de mortalité dus au cancer ont effectivement diminué aux États-Unis depuis les années 1990, laissant entrevoir un futur où ces maladies pourraient être guéries. Au-delà de la simple préservation, certains croient que la science finira par permettre d’éliminer le vieillissement. Lors d’un rassemblement nommé Vitalist Bay, Emil Kendziorra, PDG de Tomorrow.Bio, a observé un intérêt croissant pour la cryonie parmi les participants, qui voient celle-ci comme une opportunité de “tricher” non seulement la mort, mais aussi le vieillissement. Une enquête menée en 2021 par Kendziorra a révélé que les hommes étaient plus au courant de la cryonie et plus optimistes quant à ses résultats que les femmes, avec un peu plus d’un tiers des utilisateurs d’internet américains interrogés ayant exprimé un intérêt pour cette pratique. Bien que les chances de réanimation restent très incertaines, le débat autour de la cryonie soulève des questions essentielles sur la vie, la mort et l’avenir de l’humanité face aux avancées médicales.