Anduril, une entreprise de technologie de défense, collabore avec Meta pour développer un casque de réalité augmentée destiné à l’armée. Ce projet vise à transformer le soldat en un système d’armement optimisé grâce à des technologies avancées.
L’entreprise Anduril, spécialisée dans la technologie de défense, a révélé des détails sur un prototype de casque de réalité augmentée qu’elle développe en collaboration avec Meta, destiné à un usage militaire. Quay Barnett, vice-président d’Anduril et ancien membre du Commandement des opérations spéciales de l’armée américaine, décrit son objectif principal : optimiser « l’humain en tant que système d’armement ». Cette vision évoque des éléments de cyborg, avec l’idée que les drones et les soldats partagent une perception commune, échangent des informations de manière fluide et prennent des décisions ensemble.
Deux projets sont en cours chez Anduril. Le premier, le Soldier Born Mission Command (SBMC), a permis à l’entreprise de remporter un contrat de prototypage de 159 millions de dollars l’année dernière pour développer des lunettes de réalité augmentée pouvant être fixées à des casques militaires existants. Parallèlement, Anduril a lancé un projet autonome, baptisé EagleEye, qui vise à concevoir un casque et un combiné de lunettes, bien que cela ne soit pas demandé par l’armée. Anduril est convaincu que ces dispositifs seront finalement adoptés par les forces armées.
Pour l’instant, les deux systèmes sont encore à des années de la production. Le programme SBMC ne devrait pas entrer en production avant 2028, si l’armée choisit un modèle (le précédent leader, Microsoft, a vu son contrat de production de 22 milliards de dollars annulé en raison de l’inefficacité des lunettes). Barnett a partagé avec MIT Technology Review l’orientation des prototypes d’Anduril, qui visent à superposer des informations sur le champ de vision des soldats, allant d’une simple boussole à une carte complète de la zone, des informations sur les drones à proximité ou une reconnaissance de cibles par IA.
Les soldats pourront interagir avec le système par la voix, en formulant des demandes simples, comme une évacuation pour un blessé ou la planification d’un itinéraire. Un modèle de langage avancé, avec lequel Anduril teste des systèmes comme Google Gemini, Llama de Meta et Claude d’Anthropic, sera utilisé pour traduire les discours des soldats en commandes exploitables par le logiciel. Le tout reposera sur le logiciel Lattice d’Anduril, qui intégrera des données provenant de divers matériels militaires.
En mars, l’armée a annoncé qu’elle investirait 20 milliards de dollars pour intégrer Lattice dans son infrastructure. L’équipe de Barnett conçoit le casque pour exécuter des tâches complexes, tel qu’envoyer un drone pour surveiller une zone et le rappeler une fois une cible identifiée, avec des recommandations d’actions à suivre, nécessitant l’approbation de la chaîne de commandement. Si tout se passe comme prévu, la gestion de ces systèmes pourrait devenir un processus fluide et intuitif.